Des suites de la PMA (procréation médicalement assistée pour les intimes)!

Il y a bien longtemps que je n’ai pas rédigé de texte, toute occupée que j’étais à expérimenter les premiers mois d’une première grossesse, de ma première grossesse. Aussi, il m’apparait étrange d’écrire sur un blog destiné, à la base, pour épancher mes états d’âme et poser des mots sur mes sentiments relatifs à nos difficultés. Étrange, voire même générateur de sentiments de l’imposteur. C’est que je suis bien consciente d’être choyée. Je ne peux qu’être reconnaissante qu’après plusieurs mois d’essais et deux cycles d’insémination artificielle avec stimulation, la Vie se soit accrochée à moi, à nous. Et quelle Vie!

Je sais la douleur, je sais les déchirements, je sais le deuil de chaque mois. Je sais, ou n’en ai qu’un aperçu, l’attente constamment insatisfaite de toutes les femmes, touts les couples, pour qui le rêve le plus cher est d’attendre avec grande impatience, un poupon, d’avoir enfin un taux sanguin qui révèle qu’une minucscule étincelle brille déjà dans leurs entrailles.

 23 semaines et 3 jours. C’est là où nous en sommes dans ma grossesse!

On se souvient de nos débuts, pour le moins mouvementés. Dans un texte précédent, j’ai écris ne vouloir qu’avoir mal au coeur, pleurer sans raison et me sentir enflée. Eh bien, nous y sommes. J’ai été à l’arrêt toute la durée du premier trimestre. Mon hématome a fini par se vider de lui-même et a arrêté de saigner. Deux jours avant notre échographie pour mesurer la clarté nucale de notre Guerrier. Cette écho, nous la craignions. Mon docteure voulait que je fasse la batterie de tests étant donné que les conséquences inconnues qu’auraient pu entraîner les premières semaines. La dame de la clinique nous a tout expliqué, sa taille, sa croissance, son rythme cardiaque, sa clarté nucale, tout va bien. On a entendu son coeur, on l’a vu bouger ses minuscules bras. On a versé une larme. On a su que’il s’agissait probablement d’un petit gars. Chose confirmée avec l’écho du deuxième trimestre!!

J’ai recommencé à travailler, quatre jours par semaine, à faire du travail de bureau. J’ai pris du Diclectin pour éviter d’être verte à mon lever. Certains jours, je suis bête et agressive, d’autres, comme hier, je pleure au moindre commentaire. Je dors dès 21h, et ne cesse de vouloir magasiner des trucs de bébés. Je suis inscrite à tout ce qui m’est offert, yoga, cours prénataux, visites de la salle d’accouchement, j’en suis. On l’aime, on a hâte de le rencontrer, quelque part en début décembre, le plus beau cadeau. Je le sens maintenant bouger et mon Bénito a, assez récemment, commencé à le sentir aussi. Des bons petits coups, clairs et assumés. Il a déja sa personnalité. Bref, une grossesse, je crois assez normale.

Mais, pas tout à fait. Je crois que la PMA a des conséquences sur la personne qui l’expérimente. J’étais déjà à l’écoute de mon corps. Je le suis maintenant d’autant plus. Le moindre changement, la moindre douleur, est propice à des questionnements, des inquiétudes. J’ai demandé à devancer un rendez-vous de suivi chez mon docteur parce que je croyais que Bébé s’était décroché et était tombé!!! Elle pense que j’ai comme un mini syndrome de choc post-traumatique. Entre vous et moi, je pense que c’est possible. Lorsque je vais aux toilettes, et on sait que j’y suis souvent, je scrute de très près le papier, y voit-on des couleurs qui ne devraient pas y être? Dès que je ressens quelque humidité, je me mets soudain à craindre que ce soit rouge clair.

Ma dernière lubie (qui a pris fin ce matin après avoir lu sur un site de référence)  était que notre tout-petit soit sourd. Je ne le sentais pas sursauter lors de grands bruits. Il semblerait que cela apparait plutôt vers la semaine 24 à 28. C’est mon Bénito qui se marrait. Eh ben quoi! Tout d’un coup que les hormones pour la stimulation aient perturbé le développement de ses tympans? On ne sait jamais si?

Bref, emplie de grandes joies mais d’inquiétudes. J’ai une hypothèse. Les femmes qui font appel à la PMA sont plus craintives des suites de leur grossesse. Ce n’est pas scientifique, pas calculé, une impression purement subjective.

En attendant, je souhaite à tout le monde qui le désire d’avoir l’indicible chance de ressentir les premiers crépitements d’une nouvelle humanité qui se crée, par la seule force du fait d’être femme et vivante.k7619891

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Tout ce que je n’ai pas eu le temps de dire

Aujourd’hui marque la fin du premier trimestre. Je commence ma douzième semaine. Bénito et moi n’en sommes pas encore à nous projeter dans le futur et nous attendons encore le 2 juin, jour d’échographie, afin de se laisser porter par la joie. Nous sommes encore échaudés par les dernières semaines, voire les derniers mois. La peur de la fausse-couche m’étreint encore régulièrement, souvent, les tripes. Mon hématome, formé par la procédure pour extraire le second foetus mal-placé, saigne toujours et, on l’espère, se draine naturellement. Nous désirons ardemment que le 2 juin, on nous dise que c’est résorbé et que tout est sous contrôle.

Mon Bénito et moi, on veut faire notre annonce sur les réseaux sociaux bientôt. Mais, étant donné les difficultés rencontrées, qui sont mineures comparées à ce que d’autres couples expérimentent, nous croyons avoir un devoir de sensibilisation à faire auprès des gens. Un couple sur six rencontrera des difficultés de procréation. Ces difficultés peuvent se présenter n’importe quand au cours de la création d’une famille, on ne sait jamais.

Lorsque chaque mois, au cours de la première année d’essais, tes règles reviennent, il devient difficile de ne pas ressentir une grande tristesse. C’est pourquoi, parfois, certains commentaires, qui se veulent honnêtement bien intentionnés peuvent s’avérer comme facteurs aggravants plutôt qu’aidants malheureusement. Personnellement, j’ai eu la chance d’avoir un entourage compréhensif qui m’ai laissé mon espace quand j’en vais besoin bien que j’ai conscience avoir blessé certaines personnes que j’aime ou provoqué certains malaises. Je tente actuellement de réparer ces erreurs.

Toutefois, soyons honnêtes. Nous ne savons jamais, jamais, jamais, quand on demande à un couple, et encore plus à une femme, quand est-ce qu’elle aura des enfants, quelles difficultés celle-ci rencontre. Peut-être  vient-elle de commencer ses règles alors qu’elle avait du retard? Peut-être a-t-elle un premier rendez-vous cette semaine en clinique de fertilité?

Cette femme, ce couple, qui tente depuis plusieurs mois de concevoir, il est foncièrement inutile, et blessant, d’en faire une blague du style « Es tu sûr que t’as mets dans le bon trou? » En général, quand tu essaies de faire un enfant, tu sais aussi qu’avaler n’est pas vraiment une option! Pas plus que l’idée de partir en vacances pour faire un bébé. Croyez-moi, moi et toute la communauté de couples infertiles ou qui rencontrent des difficultés, on l’a tous fait et l’inefficacité de cette technique a été maintes fois prouvée. Il y a aussi le classique du lâcher prise et toute suggestions du même acabit. (Ironiquement, dans mon cas, c’est pendant que je faisais le deuil de notre chère Abby que l’insémination artificielle a fonctionné!). Se faire dire que l’on veut trop est carrément insultant. Je connais des filles qui se sont, quant à elles, fait dire qu’elles ne voulaient pas assez et qu’elles se bloquaient elles-mêmes. Lorsque tu investis des centaines de dollars en traitements hormonaux, que tu manques des heures de travail, que tu te tapes des heures en voiture pour des échographies, que tes parties génitales ont été vues et explorées par une panolie de docteurs différents, il n’est pas permis de dire à qui que ce soit qu’elle ne veut pas réellement.

Pour ma part, je dirai que les éléments qui m’ont le plus aidé ont été les suivants. Me faire demander comment je me sens, comment ça se passe, comment je vis ça, où nous en sommes dans les traitements est positif. Si votre copine, votre fille, votre collègue est similaire à moi, il est possible qu’elle ne s’ouvre pas sur le champ. C’est que c’est honteux voyez-vous de ne pas arriver à faire l’une des choses les plus naturelles au monde! Éventuellement, si vous lui ouvrez la porte, il est fort possible qu’elle vous en parle. Aussi, de ne pas recevoir de conseils. Les techniques telles que le poirier (faire descendre les spermatozoïdes), le jus d’ananas (favorise la nidation), les pommes vertes (augmentent le nombre de spermatozoïdes) , l’aspirine (ça éclaircit le sang pour une meilleur accroche, fécondation., etc.), tout ça. On les essaie tous. Il est inutile de nous demander si on a essayé telle ou telle  technique.

À la place, écoutez. Écoutez les silences, les absences, les regards fuyants, les yeux vitreux emplis de larmes. Ils parlent, ils hurlent leur douleur. Soyez-y sensibles. On sait pertinamment qu’on blesse des gens qu’on aime par notre incapacité à démontrer une joie sans faille lorsqu’on nous annonce une grossesse, qu’on prend des distances et on en vit tellement, tellement de culpabilité, ce n’est pas croyable.  

Une solution, briser le tabou. Un couple sur six. Ça fait beaucoup de couples qui ont besoin de nommer leur vécu et, surtout, d’être écoutés.ecoute

Grossesse hétéroto quoi???

Vendredi. 7SA et demie.  Comme des éclairs de douleurs dans le bas du dos. De courte durée, mais intense. Samedi, j’ai l’impression que quelque chose cloche. J’ai mal au ventre, mais différemment de crampes menstruelles, aussi différemment de mon utérus qui s’étire.

Samedi après-midi, salle de bain. Perte rouge sang, clair, angoisse. Dimanche, 3h am, c’est le déluge. Rouge clair, filaments solides rouge foncé, ça y est. On le perd. Larmes.

Urgence, hôpital 1. Attente, 7 heures. Ils n’ont pas l’équipement pour faire une échographie interne et nous donnent une référence pour le lendemain. C’est aujourdhui que je veux savoir. Sur leur permission, on se rend à  l’hôpital 2. Attente, 2 heures. Échographie. Il y a 2 sacs. Vous êtes enceinte de deux bébés? Pardon???

Oui. Mais. L’un est bien placé, l’autre non. Grossesse hétérotopique. N’ai jamais vu, un tel cas, si ce n’est dans mes livres, en théorie. Sauf que nos équipements ne sont pas assez performants pour dire exactement où, la trompe, la corne de l’utérus? Vous devez aller à cet hôpital d’urgence. Il a un coeur et son développement est à jour.

Dans le trafic, 1 heure. Pas de perte de temps au troisième centre, on nous attend. Une autre échographie, résident. Possiblement dans la trompe. Impossible de le garder, c’est surprenant que ça n’ait pas déja explosé. Je veux qu’un spécialiste vous voit. On vous garde cette nuit.

Chambre d’hôpital. 4h30, lundi matin. Signes vitaux, prise de sang, on surveille votre hémoglobine, si elle baisse, cela signifie que vous êtes possiblement en hémorragie. Ironiquement, mon Bénito commence son nouvel emploi aujourd’hui. La réalité me tombe dessus comme une tonne de brique. Hier, trop assomée par la journée, pas d’énergie. Sauf que ce matin, c’est pénible. Beaucoup de larmes. Rencontre différents docteurs et répète l’histoire. On me garde à jeun, au cas où je doive aller en salle d’opération.

Vers 9h, mon Bénito rebondit à l’hôpital. Mon amour, mon pillier. Soulagement. Sa patronne l’a laissé partir, la famille est prioritaire.

Attente. 13h45. Toujours à jeun. On nous descend en salle d’échographie. Rencontre avec des spécialistes. Oui. Un foetus dans la trompe. Étonnant que vous vous soyez rendue aussi loin. Généralement, une grossesse pareille prend fin autour de la cinquième semaine.

On doit enlever ce foetus car il met votre vie en danger. Le risque: ne pas mettre en danger l’autre, celui qui est bien placé. Notre tant attendu Bébé.

Accepteriez-vous que l’on utilise votre cas (sans votre nom) dans des revues de littérature? Si ça peut aider d’autres couples, pourquoi pas? Bon. Nous allons essayer un protocole jamais fait auparavant. Les spécialistes se consultent, 17h, 18h. Près de 4h que nous sommes en salle d’échographie. Nous en sommes à prendre des selfies.

Procédure. Je crois n’avoir jamais eu aussi mal de toute ma vie. Je vous épargne les détails clinique mais disons que cela implique une grosse aiguille (style à tricoter), un trou dans ma trompe de Fallope, un produit anesthésiant et une seringue. Inspiration 4 temps, expiration 8 temps. Merci au yoga, c’est ce qui m’a permis de passer au travers.

La procédure a réussi. Notre second foetus, que l’on a placé dans la catégorie « Danger pour ma Vie » est expulsé. Notre premier, notre Guerrier comme on l’appelle dorénavant semble bien aller.

On vous garde en observation quelques jours. Le temps passe, tiraillements du côté ayant subi la procédure. Lundi soir, 19h. Vous pouvez manger un peu.

Mardi, journée de récupération, toujours sous soluté mais on me permet de manger. Mercredi matin, j’ai mon congé mais suis en arrêt de travail pour 3 semaines.

On peut dire que ce début de grossesse est mouvementé. On espère que finalement, les choses se dérouleront calmement. Je veux juste avoir mal au coeur, pleurer sans raison, avoir les pieds enflés, avoir mal au dos et ne pas dormir. Et, au final, aimer sans fin notre petit Warrior.

 

Une vie contre une vie

13494941_1094653350578185_2034708657987139915_nAlors… Contre toute attente, il semblerait que je suis enceinte. Oui.

On a eu une deuxième insémination, en pleine tempête de neige SVP. On n’en a pas vraiment parlé autour de nous. Puis, l’incident avec notre chien est arrivé, exactement une semaine après. Nous étions si convaincus que l’adrénaline, l’angoisse et le stress ressentis lors de cette nuit cauchemardesque avaient annihilés tous nos espoirs. J’attendais mes règles.

Cinq jours avant, pas de maux de dos, pas de poussée d’acnée. À quatre jours avant, pas de larmes mais plutôt une agressivité mal contenue. À deux jours avant, pas de spotting. On tente de calculer, mais avec les stimulations hormonales, ma date de règles attendue est mêlée. Les jours passent, rien. Mon Bénito et moi on n’en parle pas. Mais, il y a un éléphant dans la pièce.

On se rend au Centre de reproduction pour la tant attendue prise de sang. En après-midi, on reçoit les résultats, c’est positif!!!! J’appelle mon Benito, on pleure! Les émotions sont décuplées par le fait qu’il vient d’obtenir un nouvel emploi!!!

Mais, on reste un peu sur notre réserve, on doit encore avoir l’échographie de viabilité afin de vérifier qu’il y a bien un coeur.

Échographie pendant laquelle nous sommes transportés de joie lorsque l’on constate que un, il y a un petit coeur qui bat la chamade, deux, la taille de notre petit, déja, amour, correspond parfaitement à sa durée de vie!

Heureusement que j’avais pris congé car je n’aurais pas pu faire grand-chose au travail!!

Inextricable mélange, joie, bonheur, tristesse, ennui. Émotions mêlèes.

C’est comme si Bibi, notre chère Bibi avait laissé sa place… Il est curieux qu’une semaine exactement après l’insémination, notre grosse tannante ait subitement commencé à faire de l’épilepsie et était  lancée par la suite dans une grande agressivité. Allez comprendre les dédales de la Vie….

Perspectives

5d071e_d3a3e7674e5e4e21904fb4f108289034J’avais un peu délaissé l’écriture de ce blog les dernières semaines, suite à  l’insuccès de IIU#1. Mon mari et moi on a décidé de ne plus parler de tout cela, de plutôt se rencentrer sur les éléments positifs qui sont dans nos vies.Nos familles, nos amis, de qui j’ai aussi pris mes ditances ces derniers temps, notre animation de préparation mariage et, notre chien.

Notre chienne, Abby, Bibi pour les intimes. Quelque chose est arrivé avec elle plus tôt cette semaine. Nous n’irons pas dans les détails, mais, moi et mon conjoint aurions pu être grièvement blessés, défigurés. Nous avons du prendre la décision de la faire euthanasier, dans un court laps de temps. Bib, notre grosse guidoune, angoissée et énergique au plus haut point, qui prenait toute la place sur le divan du sous-sol, qui grimpait sur ceux du rez-de-chaussée pendant que nous étions absents, qui nous réveillait à des heures indûes pour manger, qui était joyeuse, toujours heureuse de nous voir, qui sautait aussi haut que nos visages lorsqu’on revenait de travailler, qui montait la garde à la fenêtre du salon, qui prenant grand plaisir à plaire, à apprendre des tours, qui supervisait les oprations pendant qu’on suivait notre calendrier de tentatives bébé, curieuse et intelligente. Qu’on aimait malgré tout ses défauts, qui remplissait la maison de son loyal amour pour ses maîtres. On a du la faire euthanasier, pas de gaité de coeur, dans une grande tristesse.

Suite à cela, on essaie de voir le positif. Nous ne pouvons nous empêcher, Benito et moi de se dire, à voix basse pour ne pas que Bibi nous entende d’où elle se trouve, que peut-être que c’est pour cela que ça n’a pas fonctionné jusqu’à présent. Peut-être qui’il y a une raison à tout cela, peut-être que la Vie savait que Bibi allait bientôt avoir une maladie qui allait nous forcer à prendre cette décision? Maladie qui aurait pu mettre la vie d’un enfant, voire d’un adulte, en danger. De se dire tout ça ne garantie rien à la suite des choses. Sauf que je me demande s’il n’y a pas une raison.

Grande tristesse, grandes émotions, physiquement et émotivement abîmée, je m’ennuie de mes amies. Mes amies de qui je me suis éloignée par défense, par tristesse. Les événements de cette semaine m’amène à les informer de la situation. Je leur écris. L,’une de mes amies, de qui je m’étais encore davantage éloignée pour différentes raisons m’appelle sur le champ. On parle, on pleure, on clairifie les derniers mois. Sans jugement, sans colère. J’ai le gout de les voir. On va prendre un verre toutes les quatre très bientôt.

En attendant, il y a des drames dans le monde. Benito et moi, assis à la table de cuisine, à discuter en grignotant des craquelins parce qu’on n’a tous les deux pas trop faim. On énumère les drames dans le Monde. Londres se fait attaquer, alerte Amber à St-Jérôme, etc. Nos drames personnels qui nous semblent majeurs dans l’instant deviennent mineurs lorsqu’on les regarde d’un autre angle, avec une autre loupe. Oh, ça n’enlève pas le deuil et les deuils qu’on vit. Mais, ça les remet en perspective.

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Négatif-isme, quand tu nous tiens

Alors, arrivés au Centre de reproduction. La réceptionniste nous demande: Alors on fait quoi aujourd’hui?  On se croirait au spa! Ce sera manucure ou facial? Ouais, c’est juste que je suis là pour me faire dire si, oui ou non, on peut reprendre le Gonal-F. On se lance alors dans les explications.

On devait avoir une prise de sang mais mes règles ont commencé hier ce qui fait qu’on ne désire que confirmer que c’est négatif. Oh, nous dit-elle, cela arrive parfois vous savez qu’il y a des règles mais que la prise de sang sort positive… Oui, c’est que nous avons déjà fait un test hier matin et il est sorti négatif. Oh, répond-elle, dans ce cas… Oui on le sait. Est-ce que vous pourriez nous donner un rendez-vous pour une échographie s’il vous plaît, histoire que l’on recommence le plus rapidement possible? Bien sûr.

Prise de sang. On doit attendre le résultat en début d’après-midi, mais on rencontre tout de même un médecin (le troisième depuis qu’on fréquente cet endroit) qui me tâte le fond des organes. Oui, le résultat devrait être négatif étant donné la minceur de votre endomètre. Vous pouvez commencer un nouveau traitement.

Prise de rendez-vous. Lundi prochain, autre échographie, sûrement un autre doc pour évaluer si mon corps est prêt pour une deuxième shot d’Ovidrel qui déclenchera l’ovulation et un deuxième drink de sperme et albumine. Discussion avec mon Benito pendant que l’on attend de voir l’infirmière pour le bilan de notre visite. Crois- tu que le corps a une mémoire et que le mien se rappellera du Gonal-F et que celui sera plus efficace, du style 3 voire 4 follicules au lieu de deux (il semblerait que cela augmente les chances), ou des follicules de 22 mm au lieu de 18mm (ça aussi apparemment que ça améliore les probabilités..) ? Qui sait?

Visite avec l’infirmière. C’est parfait. Attendez la confirmation du négatif mais si c’est le cas, on enchaîne le traitement. Et on croise les doigts que celle-ci soit (enfin) la bonne.

On quitte le centre et on descend à la pharmacie remplir notre prescription. Pas de pleurs aujourd’hui. Juste notre réalité.

Appel du labo à l’heure du dîner. Voix mielleuse. C’est négatif. Ça va merci, on repart les injections.

Heureusement, j’avais pris la journée de congé. On avise nos parents respectifs et les quelques personnes qui sont au courant de nos démarches.

On fête le tout en allant s’acheter des cadres photos pour se faire un montage sur un de nos murs et en se faisant une sauce à spag. Bah quoi? On trouve du positif là où on peut!

« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit. » Khalil Gibran

nuit

Et je présume qu’on peut dire, sans trop se tomper, que cette nuit est tombée depuis quelques temps déjà. On peut toutefois aussi espérer qu’elle achève. Ceci dit, ce ne sera sans doute pas pour ce mois-ci.

Nous entretenions de grands espoirs depuis notre première insémination intra-utérine. Je blaguais en disant que j’étais comme une vache. Histoire d’alléger un peu le fait que je trouve que c’est somme toute assez injuste que certaines personnes utilisent l’avortement presque comme moyen de contraception, que d’autres battent à mort les enfants à qui ils donnent naissance, que d’autres ne possèdent pas les capacités nécessaires pour aimer, éduquer, protéger, un enfant. Alors que d’autres, des centaines de couples, ne désirent, n’attendent, ne rêvent que de cela. Oui, à nos yeux ce matin, nous sommes victimes d’une grande injustice.

Nous ne sommes pas le 6 mars. Le 6 mars, c’est demain, date présumée de la prise de sang. Prise de sang qui allait, du moins l’espérions nous, nous donner enfin ce que nous attendions depuis un bout. Nous irons la faire. Elle ne confirmera que ce que nous savons déjà.

Négatif. Le résultat sera négatif. Depuis vendredi, je faisais un peu de spotting. Oh! C’est normal, beaucoup de femmes en font au début de grossesse! Na.

Hier soir,  samedi, la couleur et la teneur en ont changé et s’y sont ajouté les crampes. Benito et moi avions convenu de faire un test ce matin afin d’être fixés et de pouvoir s’exciter et penser à des prénoms ou pleurer et faire notre deuil.

À mon réveil, c’est avec la mort dans l’âme et la certitude du négatif que j’ai fais le test. Confirmation, une seule petite barre. Et, ironiquement, quelques minutes après, c’est le déluge. Ce sera donc l’option 2 s’il vous plait, pleurer et faire notre deuil.

Déprime. Tristesse. Colère. Tout y passe. Moral dans le huitième sous-sol, pas envie de parler à personne. Juste envie de lécher nos plaies entre nous, mon Benito chéri et moi.

Nous avions déja convenu que si c’était négatif, nous reprendrions sur le champ un autre cycle. Aujourd’hui, je planifies donc de laisser un message au centre de reproduction pour leur demander de me passer en échographie après la prise de sang pour savoir si tout est beau pour un autre tour. De retour sous Gonal-F je présume. Une chance que nous avions conservé les deux doses restantes du mois précédent! Grâce à ces deux doses, il nous en coutera 200$ de moins. Youppi! Eh ben quoi? On se raccroche à ce qu’on peut.

En attendant, je vais aller siroter mon café du dimanche matin, essayer d’étudier pour mes examens universitaires à venir, et regarder les oiseaux voleter autour de la mangeoire en ce froid matin de mars. Faire le deuil, passer à autre chose, mais espérer encore.